Le comportement des parents au volant

Conduire est une tâche difficile qui nécessite une concentration permanente et il n'est pas évident d'avoir toujours une attitude exemplaire. Or, la transmission des bons gestes doit commencer dès le plus jeune âge.

Parents au volant : des conducteurs exemplaires ?

Est-ce que la présence d'enfants dans la voiture modifie le comportement des parents ? Comment les enfants perçoivent-ils la conduite de leurs parents ? Quel rapport à la sécurité routière, et plus globalement à la responsabilité et au respect des règles, leur est-il transmis ? Pour tenter de répondre à ces questions, la Fondation Vinci Autoroutes pour une conduite responsable a mené une étude(1) sur le comportement des parents lorsque leurs enfants sont à bord du véhicule.

Les enfants ont confiance dans la conduite de leurs parents

La note attribuée par les enfants à la conduite des parents est de 8/10 : elle est légèrement supérieure à l'auto-évaluation des parents (7,3 en moyenne). On pourrait penser que c'est un bon résultat. En fait, les enfants perçoivent la voiture comme un prolongement de l'habitation où ils se sentent bien et ont confiance dans la conduite de leurs parents. D'ailleurs ceux-ci modifient leur comportement en leur présence. Cependant, lorsque l'on creuse (et cela est corroboré par une autre étude effectuée par Opinionway(2)), 86 % des parents reconnaissent qu'il leur est déjà arrivé de ne pas avoir une attitude exemplaire au volant en présence de leur enfant.

Des comportements à double tranchant

Les enquêtes révèlent qu'en présence des enfants, les parents essayent de plus respecter les limitations de vitesse et les temps de pause, ils sont moins nombreux à consommer plus de deux verres d'alcool et à conduire en étant fatigué, ils utilisent un peu moins leurs téléphones portables en conduisant et respectent davantage les feux, les stops et les priorités. Par contre, enfants à bord ou pas, ils peuvent s'emporter contre les autres usagers. Dans un souci d'éducation, conscients de leur rôle de modèle et du risque de mimétisme, les parents tentent tout de même de faire des efforts pour ne pas dire de gros mots et deux/trois veillent à moins s'énerver en présence de leurs enfants.

Quelques chiffres

  • 76 % des parents admettent dire des « gros mots » en conduisant (selon les enfants, ils sont 81 % des parents à le faire).
  • 44 % des parents disent répondre au téléphone en conduisant (selon les enfants, ils sont 54 % des parents à le faire).
  • 31 % des parents passent des appels en conduisant (selon les enfants, ils sont 44 % des parents à le faire).
  • 29 % des parents envoient ou lisent des SMS en conduisant (selon les enfants, ils sont 34 % des parents à le faire).

Source : Vinci Autoroutes

La ceinture de sécurité

L'un des premiers comportements à adopter en voiture est de mettre la ceinture de sécurité. Il appartient au conducteur de s'assurer que chacun de ses passagers mineurs est bien retenu par un dispositif adéquat. Outre le risque sécuritaire, il s'expose à une amende forfaitaire de 135  € par enfant non attaché ou attaché de façon incorrecte. Pourtant l'étude de Vinci Autoroutes est inquiétante : 22 % des parents ne vérifient pas systématiquement si leur enfant est attaché, 11 % indiquent ne pas attacher leur enfant pour des trajets courts et 17 % des enfants de 8 à 11 ans avouent ne pas s'attacher lors de trajets quotidiens. On rappellera que 34 % des passagers arrière tués en 2014 ne portaient pas de ceinture et qu'au cours d'un choc à 50 km/h la poussée est telle qu'un enfant de 20 kg se transforme en un projectile d'une demi-tonne s'il n'est pas maintenu par un dispositif de retenue adéquat. Par ailleurs, dès 20 km/h, un choc subi sans ceinture peut être mortel.

À cause des enfants

« Nous avons prévu de faire le trajet d'une traite, je roulerai de nuit comme ça les enfants dormiront durant le voyage », c'est souvent ce que font les jeunes parents (moins de 35 ans) qui ont tendance à faire moins de pauses et à rouler plus fréquemment de nuit. Si cette solution peut sembler plus confortable, elle n'est pas recommandée. En effet, l'absence de pauses (une pause est conseillée toutes les 2 heures) et la conduite de nuit sont des facteurs de risques avérés. Sur autoroute, un accident mortel sur trois est lié à la somnolence et 45,5 % des accidents mortels ont lieu de nuit alors que cette période représente 10 % du trafic. Par ailleurs, les parents justifient parfois leurs fautes de conduite à cause des enfants, notamment les excès de vitesse qui sont commis par inattention, parce qu'ils sont en retard ou pour être sûr d'arriver à l'heure.

Conduire de façon exemplaire

Certains parents n'avaient pas apprécié que lors de la « Journée de la courtoisie » organisée en 2014 dans une ville de l'Essonne, un quiz intitulé : « Note tes parents » soit distribué aux enfants par la police municipale. L'introduction était la suivante : « Depuis la banquette arrière de la voiture, cela fait plusieurs années que tu observes tes parents au volant. Te montrent-ils le bon exemple ? Réponds à ces quelques questions sur leurs habitudes de conduite. À la fin, tu découvriras leur note et tu pourras en discuter avec eux. Pour une fois, c'est à toi de distribuer les bons et les mauvais points ! ». Le résultat, une sorte de bulletin scolaire, était ensuite remis aux parents avec note et observations. Certains ont vu rouge en découvrant leur note avec la mention « bonnet d'âne de la sécurité routière » avec quand même un encouragement à changer de comportement. La méthode était peut-être brutale mais elle avait le mérite d'inciter à une remise en question salutaire.

L'apprentissage des bons comportements

L'étude de Vinci Autoroutes fait ressortir différents stades d'apprentissage des bons comportements en voiture chez l'enfant. La transmission des bons gestes doit commencer dès le plus jeune âge avec l'instauration des premières règles en voiture, comme le port systématique des ceintures de sécurité. Si jusqu'à 4 ans, l'enfant intègre les règles sans poser de questions, à 5 ans il commence à montrer plus d'intérêt à la découverte du Code de la route : la règlementation, les panneaux de signalisation. L'enfant apprenant par imitation, il convient de donner l'exemple, d'expliquer les règles et de contrôler si elles sont bien observées. Vers 12 ans, les choses évoluent et l'adolescent pose un oeil plus critique sur la conduite des parents, en général, mais aussi en voiture. Pour lui, ce sera l'occasion de vérifier s'ils font ce qu'ils disent ou s'ils font le contraire. Si les parents ne respectent pas les règles, pourquoi lui devrait les respecter ?

Article paru dans la revue l'Automobile éditée par L'Automobile Club Association.

Assurance auto : optez pour l'option Automobile Club

Malgré toute la vigilance dont on peut faire preuve au volant, il suffit parfois d'un simple moment d'inattention pour perdre quelques points de permis. Dans ces cas-là, l'option Automobile Club des assurances auto du Crédit Mutuel prend en charge les frais de stage de récupération des points de permis perdus ainsi que les frais de rapatriement (conducteur et passagers) et de sécurisation du véhicule en cas de retrait immédiat du permis(3). Renseignez-vous auprès de votre conseiller.

  • (1) L'étude réalisée par Ipsos en juin et novembre 2015 comporte deux volets : une première enquête quantitative réalisée auprès de 1 000 parents et enfants de 8 à 16 ans par internet et une seconde étude qualitative, élaborée avec l'expertise du Professeur Daniel Marcelli, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent, consistant en des entretiens menés au sein de familles.
  • (2) À la demande d'Assureurs Prévention.
  • (3) L'ensemble des offres et services proposé est soumis à conditions. Voir modalités, garanties et exclusions éventuelles dans la notice d'assurance disponible en Caisse de Crédit Mutuel.