Transmission/Reprise d'entreprise : Posez-vous les bonnes questions !

Entre les milliers de chefs d'entreprise qui cherchent à céder leur société et les millions de Français qui se rêvent en patrons, la convergence d'intérêts est évidente. Pourtant la difficulté de se rencontrer est bien réelle et mérite, d'un côté comme de l'autre, de bien se préparer, de se poser les bonnes questions, d'être conscient des spécificités d'une reprise d'entreprise.

Vous cédez votre entreprise ?

Votre objectif : cession ou transmission ?

La nuance peut paraître mince, elle est pourtant fondamentale dans la démarche de revente de votre entreprise. Si vous voulez vendre pour démarrer une autre activité, votre objectif sera d'obtenir le meilleur prix pour vous constituer un capital, dans le délai que vous vous êtes fixé. Et il y a fort à parier que vous vendrez à un inconnu ou à un concurrent.

Si vous voulez transmettre votre affaire parce que vous êtes en fin de parcours professionnel, vous penserez sans doute à un membre de votre famille ou à un de vos cadres. Votre objectif sera alors d'optimiser votre transmission à tous points de vue : humain pour passer le relais dans de bonnes conditions, mais aussi patrimonial et fiscal pour constituer un complément de revenus pour votre retraite et mettre votre famille à l'abri. Dans ce cas de figure, le temps est votre allié : à la fois pour anticiper chaque aspect de la transmission avec les experts concernés, mais aussi parce que statistiquement un chef d'entreprise qui a anticipé la transmission de son entreprise dans les 3 à 5 ans qui précèdent, trouve un repreneur 4 fois sur 5(1).

Votre entreprise est-elle prête à être cédée ?

Céder son entreprise suppose de l'évaluer. Une étape compliquée, parce qu'il est difficile de mesurer ses points forts et ses points faibles et parce que certains éléments sont très techniques et nécessitent l'évaluation d'un expert. Pour vous aider à voir plus clair, posez-vous la question ainsi : « Mon entreprise est-elle au top pour être cédée ? » Vous pourrez dès lors « toiletter » vos actifs (valeur du stock, optimisation du crédit clients et fournisseurs...) et valoriser vos investissements pour négocier un bon prix de rachat le moment venu. Vous serez également en mesure d'anticiper, voire d'adopter une forme juridique d'entreprise mieux adaptée à l'opération de cession/transmission.

Le site de l'Agence pour la Création d'Entreprise (www.afecreation.fr) vous propose un premier outil de diagnostic. Il est ensuite possible de vous faire accompagner par un conseiller transmission-reprise de votre chambre consulaire (CMA, CCI). Cette étape vous permettra aussi de rassembler toutes les informations nécessaires au futur repreneur pour prendre sa décision (statuts, bilans et comptes de résultat des 3 derniers exercices, échéanciers, relevés de comptes, contrats de prêts en cours...)

Qui peut vous accompagner ?

Au-delà de l'accompagnement global apporté par votre chambre consulaire, vous allez devoir consulter plusieurs spécialistes. Faire l'économie de ces honoraires de conseil serait une bien mauvaise idée, tant les règles évoluent régulièrement dans ce domaine. Pour faire simple, retenez que le Régime Social des Indépendants (RSI) peut vous accompagner ou vous orienter vers les bons partenaires locaux à propos de votre changement de statut de protection sociale. L'évaluation financière et les questions associées à la fiscalité de la vente de votre entreprise sont les domaines de prédilection des experts-comptables ou de votre organisme de gestion agréé. Enfin, un notaire vous conseillera sur la valeur immobilière de votre bien, l'impact patrimonial de votre cession et les actes nécessaires.

Quelles sont les conséquences fiscales de la cession ?

Quel que soit le montant de la négociation, vous serez soumis à la fiscalité des plus-values professionnelles. Les règles d'imposition diffèrent selon que vous cédez une entreprise individuelle (fonds de commerce, fonds artisanal ou clientèle libérale), un actif immobilier ou une société soumise à l'impôt sur les sociétés. Dans le premier cas :

  • vous serez imposé sur les bénéfices non encore taxés de l'exercice en cours ;
  • la plus-value de votre cession pourra bénéficier d'une fiscalité avantageuse (taux réduit d'imposition ou exonération) selon certaines conditions ;
  • vous pourrez également profiter d'une prime de tutorat éventuelle, si vous restez dans l'entreprise quelques mois après la cession pour accompagner le repreneur. Si vous changez seulement d'activité, le montant de votre revente constituera votre apport en fonds propres, avec une contrainte de placement de ce capital pendant la durée de recherche de la nouvelle société ou entreprise. Le plus confortable pour s'y retrouver est de vous faire conseiller par votre expert comptable ou votre centre de gestion.

Quiz - Êtes-vous taillé pour la reprise d'entreprise ?

Reprendre une entreprise, c'est renoncer à créer une entreprise qui vous ressemblerait à 100 %. C'est être capable d'endosser le costume d'un autre... Pour être à l'aise dans vos nouveaux habits professionnels, évaluez votre carrure et prenez la mesure de vos futures responsabilités.

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Des sites de rencontres

Que vous soyez vendeur ou repreneur, identifiez le canal qui vous mettra en contact avec le maximum de candidats/d'entreprises sérieuses. La base des repreneurs du site de l'Agence pour la Création d'Entreprise (AFE), les sites d'annonces spécialisées, la presse professionnelle de votre secteur, votre propre réseau professionnel (concurrents, clients, fournisseurs)... sont de sérieuses sources d'opportunités.

Sur le site www.entreprendre.creditmutuel.com, géré en partenariat avec Bpifrance, vous trouverez également une bourse nationale de la transmission d'entreprises et fonds de commerce, disponibles sur toute la France.

Reprendre une entreprise

Disposer immédiatement de locaux, d'équipement, de personnel et de clients peut paraître la voie royale pour concrétiser son désir d'entreprendre. Les risques sont moindres, puisque le taux de pérennité au bout de 3 ans atteint 73 % pour les reprises contre 66 % pour les créations(3), mais la reprise a aussi ses spécificités qu'il faut connaître pour éviter de déchanter...

L'écueil du mouton à 5 pattes

votre budget de rachat, son implantation... mais il est rare de trouver exactement ce qu'on aurait voulu créer soi-même. Alors comme les belles affaires sont difficiles à trouver, soyez souples dans vos critères, quitte à faire ensuite évoluer l'entreprise dans la direction souhaitée.

Moins de démarches, mais...

Assurément, vous allez gagner du temps en démarches par rapport à une création de toutes pièces, mais ne négligez pas la partie diagnostic, vraiment essentielle pour éviter toute mauvaise surprise, pour connaître vos contraintes juridiques et commerciales, les contrats en cours, la conformité du patrimoine cédé...

Récoltez auprès du cédant les documents comptables, le bail commercial, la liste des actifs... et faites appel à des experts pour évaluer le prix de l'entreprise visée.

Un apport financier plus conséquent

Une reprise coûte plus cher qu'une création, mais l'obtention d'un financement est plus facile à condition de présenter votre projet à vos partenaires avec un solide plan de financement, un compte de résultat prévisionnel, un plan de trésorerie, un calcul du seuil de rentabilité... À condition également d'avoir une bonne capacité d'endettement, un apport personnel, des cautions, des aides ou subventions... Étudiez toutes les possibilités avec votre banque.

Le jeu de la séduction

C'est vous qui signerez le chèque, mais c'est pourtant vous qui devrez séduire le cédant, mais aussi les clients et les salariés. Il va falloir s'imposer et assurer ! L'accompagnement par le cédant, durant un certain laps de temps, peut faciliter le passage de relais et vous apporter la confiance nécessaire, si vous ressentez de la bonne volonté.

Zéro temps de rodage

Votre professionnalisme va immédiatement être évalué par vos clients et vos salariés. Personne ne vous laissera de temps d'apprentissage. D'ailleurs, ne sous-estimez pas les problèmes de relations humaines, qui sont bien plus lourds qu'en création, parce que tout salarié est méfiant face à un changement de direction, de stratégie...