Usurpation d’identité de l’AMF, de l’ACPR ou de la Banque de France : comment éviter les arnaques ?
Des fraudeurs peuvent se faire passer pour l’AMF (Autorité des Marchés Financiers), l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) ou la Banque de France afin d’obtenir vos données personnelles, vos coordonnées bancaires ou votre argent. E-mails, appels, faux documents, deepfakes1 : découvrez comment reconnaître ces tentatives d’escroquerie et adopter les bons réflexes.
Découvrez nos conseils contre les arnaques et fraudes sur Internet
- Comptes
Temps de lecture : 5minutes
Comment les fraudeurs usurpent-ils l’identité des autorités financières ?
La Banque de France, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ou encore l’Autorité des marchés financiers (AMF) sont des institutions reconnues. C’est précisément cette image de confiance que cherchent à exploiter les fraudeurs.
Des appels, e-mails et courriers qui semblent officiels
Les fraudeurs peuvent vous contacter par téléphone, e-mail ou courrier en prétendant travailler pour une institution financière. La Banque de France et l’ACPR ont notamment signalé des sollicitations dans lesquelles des escrocs usurpaient l’identité de personnes travaillant pour la Banque de France3.
Pour renforcer leur crédibilité, ils peuvent notamment reprendre :
- le logo et la charte graphique d’une institution ;
- le nom d’un véritable agent ou dirigeant ;
- une adresse e-mail proche d’une adresse officielle ;
- des informations récupérées dans des registres publics ;
- la documentation commerciale ;
- les numéros d’autorisation de professionnels ;
- l’apparence d’un véritable site Internet.
Ces éléments ne suffisent donc pas à prouver l’identité de votre interlocuteur.
Des scénarios conçus pour vous faire agir rapidement
Les fraudeurs cherchent souvent à provoquer une réaction immédiate. Par exemple, ils peuvent vous annoncer que vous allez recevoir une somme importante provenant d’une succession ou d’un compte d’épargne. Pour débloquer les fonds, vous devez alors prétendument payer des frais ou réaliser certaines opérations par téléphone.
Mais d’autres scénarios existent, notamment pour vous inciter à :
- communiquer vos coordonnées bancaires ou des données personnelles ;
- effectuer ou valider un virement ;
- annuler une prétendue opération frauduleuse ;
- verser des frais pour récupérer une somme d’argent ;
- investir dans un faux placement.
Quand les deepfakes usurpent l’image des dirigeants
Les fraudeurs utilisent également l’intelligence artificielle pour fabriquer de faux contenus particulièrement crédibles. En avril 2026, la Banque de France et l’ACPR ont alerté sur de fausses vidéos générées par intelligence artificielle : elles imitaient François Villeroy de Galhau, alors gouverneur de la Banque de France, pour recommander de faux placements4.
Ces contenus, appelés deepfakes, peuvent reproduire artificiellement l’image ou la voix d’une personne et lui faire tenir des propos qu’elle n’a jamais tenus. Une vidéo apparemment réaliste ne constitue donc plus une preuve suffisante. La règle donnée par la Banque de France et l’ACPR est claire : un dirigeant de ces institutions ne recommande jamais un site ou un produit financier particulier.
Ce que les autorités financières ne vous demanderont jamais
Certaines demandes doivent immédiatement éveiller votre méfiance lorsqu’une personne affirme agir au nom d’une autorité financière. Ne vous fiez pas uniquement à son identité apparente : intéressez-vous surtout à ce qu’elle vous demande de faire.
Ne communiquez pas vos informations sensibles
Ne communiquez pas vos coordonnées bancaires ou vos informations personnelles sensibles à la suite d’un appel inattendu, même si votre interlocuteur affirme représenter une autorité financière. La Banque de France rappelle notamment que ses agents ne demandent jamais ce type d’informations par téléphone3.
En cas de doute, interrompez l’échange. Recherchez ensuite vous-même les coordonnées officielles de l’organisme avant de reprendre contact.
Ne validez pas une opération sous la pression d’un interlocuteur
Méfiez-vous également si votre interlocuteur vous demande de réaliser, valider ou annuler rapidement une opération bancaire. Une fois encore, la Banque de France rappelle que ses agents ne demandent jamais par téléphone de valider ou d’annuler une opération, ni de transférer votre argent sur un prétendu « compte sécurisé »3.
Plus généralement, ne réalisez aucune opération dans l’urgence à la demande d’une personne qui vous contacte spontanément, même si celle-ci affirme vouloir protéger votre argent ou résoudre une fraude.
Ne vous fiez pas à une recommandation de placement prétendument officielle
Une autorité financière n’a pas vocation à vous contacter pour faire la promotion d’un placement ou vous orienter vers un produit financier particulier. L’AMF indique d’ailleurs qu’elle ne délivre pas de conseil en investissement et ne recommande ni produit, ni intermédiaire financier, y compris par la voix de son dirigeant5.
Soyez donc particulièrement vigilant face à :
- une proposition de placement présentée comme approuvée par une autorité ;
- une vidéo ou une publication dans laquelle un dirigeant semble recommander un investissement ;
- une personne qui vous promet de récupérer de l’argent perdu lors d’une précédente arnaque ;
- une demande de paiement préalable pour débloquer ou récupérer des fonds.
La caution apparente d’une institution publique ne constitue jamais, à elle seule, une preuve de fiabilité.
Comment vérifier qu’un message ou un appel est authentique ?
Vous avez un doute ? Ne cherchez pas à obtenir confirmation auprès de la personne qui vient de vous contacter. Effectuez vous-même les vérifications.
Recherchez directement les coordonnées de l’institution
Ne rappelez pas un numéro fourni dans un e-mail, un SMS ou au cours d’un appel suspect. Rendez-vous directement sur le site officiel de l’institution concernée et recherchez ses coordonnées. En cas de doute sur un interlocuteur se présentant comme l’un de ses agents, la Banque de France recommande notamment de contacter son numéro officiel : le 34143.
Le même principe s’applique aux liens : ne cliquez pas sur un lien contenu dans un message suspect. Le Crédit Mutuel vous recommande d’accéder aux sites Internet par vos propres moyens afin d’éviter les sites frauduleux qui imitent des sites légitimes.
Vérifiez l’identité de l’acteur financier
Si votre interlocuteur vous propose un placement ou un service financier au nom d’une société, assurez-vous qu’elle existe réellement et qu’elle est autorisée à proposer ce type de service.
Attention : l’existence réelle de la société ne suffit pas. Un fraudeur peut usurper son nom, son logo ou ses coordonnées. En cas de doute, interrompez l’échange et contactez directement l’organisme à partir de coordonnées obtenues par vos propres moyens.
Que faire en cas de tentative d’arnaque ?
Vous pensez avoir été victime d’une arnaque ? Les bons réflexes dépendent des informations que vous avez communiquées et des opérations que vous avez éventuellement réalisées.
Vous n’avez communiqué aucune information
Si vous identifiez la fraude avant d’avoir transmis des données, plusieurs réflexes s’imposent :
- interrompez l’échange ;
- ne cliquez sur aucun lien ;
- n’ouvrez pas les pièces jointes suspectes ;
- ne rappelez pas le numéro communiqué ;
- ne versez aucune somme ;
- ne validez aucune opération bancaire.
Vous avez reçu un e-mail suspect ? Vous pouvez le transférer à phishing@creditmutuel.fr. Il est ensuite recommandé de supprimer le message.
Vous avez communiqué des informations ou validé une opération
Réagissez rapidement si vous avez transmis vos identifiant et mot de passe, vos coordonnées bancaires ou si vous avez réalisé une opération à la demande du fraudeur. Contactez un conseiller Crédit Mutuel par un canal que vous connaissez : via la messagerie de votre espace client7 par exemple. Surtout, ne reprenez pas les coordonnées présentes dans le message suspect.
Selon la situation, il pourra aussi être nécessaire de :
- modifier vos accès à la banque à distance ;
- signaler le message frauduleux via phishing@creditmutuel.fr ;
- sécuriser vos moyens de paiement ;
- déposer plainte.
Vous avez un doute sur un message ou un appel ?