Ian Lipinski et le Class40 Crédit Mutuel autour du monde

Publié le 30/07/2025

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Crédit Mutuel Alliance Fédérale

C’est un défi hors norme vers lequel avancent Ian Lipinski et le Class40 Crédit Mutuel, parés à prendre la mer ce dimanche 31 août pour le prologue de la Globe 40 La Grande Route, direction Cadix en Espagne. Première destination de cette deuxième édition de ce tour du monde en Class40, en double et avec escales. C’est un nouveau monde qui s’ouvre au skipper lorientais et à ses coéquipiers, à bord de son fidèle partenaire de courses au large.

L’espace et le temps, voilà le luxe selon Ian Lipinski, comme bon nombre de marins. Avec Antoine Carpentier une partie du temps, puis avec Amélie Grassi, Ian Lipinski fait route vers un tour du monde long de huit mois, séquencés par six étapes, destinations et découvertes dans le même temps, toutes aussi attirantes les unes que les autres : Cadix (Espagne), Mindelo (Cap-Vert), La Réunion, Sydney (Australie), Valparaiso (Chili) et Recife (Brésil) avant un retour à Lorient, où sera consacré le vainqueur.

Des horizons éloignés des engagements habituels du team skipper Crédit Mutuel avec la Class40. Mais pour Daniel Baal, président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale :« C’est bien connu…Ensemble, on va plus loin et nous comptons bien sur Ian, Amélie et Antoine pour nous le rappeler. Ce tour du monde est une occasion unique dans la vie d’un marin. Et je ne doute pas qu’à l’issue de cette aventure humaine et sportive, nous retrouverons un équipage ayant une vision différente du monde sur lequel nous vivons tous. Quelle fierté de les voir porter nos couleurs ainsi, tout autour du monde ».

À 43 ans, Ian Lipinski offre une nouvelle séquence de son histoire d’amour avec l’océan et le vent. Habitué des transatlantiques et des régates européennes, il aborde la Globe 40 comme un changement d'échelle radical : « Ce qui me stimule le plus, c'est de faire un voyage, de vivre les étapes, de voir d'autres endroits tout en me donnant à fond dans une compétition, une expérience que je n'ai jamais vécue », confie le skipper aux douze podiums en vingt et une courses en Class40.

D’autant plus que Ian ajoutera une mission supplémentaire à son objectif sportif. Comme le rappelle Eric Petitgand, directeur général de Crédit Mutuel Alliance Fédérale : « Ian aime partager et faire vivre ses aventures sportives avec tous les collaborateurs, élus et sociétaires de Crédit Mutuel. Cette course autour du monde sera pour lui une opportunité d’élargir ce cercle et de convier bon nombre de jeunes à partager leur vision de la mer et des océans. Parrain du prochain concours de dessin Eurojeunes, Ian aura à cœur de donner un coup de projecteur personnel sur différentes réalités qui placent les océans au cœur des enjeux sociétaux de notre monde. C’est une dimension supplémentaire qu’il nous fera vivre au gré des différentes étapes et des rencontres faites sur place ou en mer. Nous avons tous hâte de vivre cette course avec lui et avec toute son équipe ».

Technique : un changement d’échelle

Pour transformer son Class40 pensé pour les traversées transatlantiques en coureur de tour du monde, Ian Lipinski et son équipe ont renforcé la structure, deux cloisons étanches ayant été ajoutées.

Le matériel embarqué est également plus fourni : « Déjà, il y a un amendement de sécurité qui est à rajouter par rapport au matériel obligatoire des courses habituelles des transatlantiques. On embarque un deuxième radeau de survie, une deuxième balise de détresse, on a installé un chauffage, obligatoire pour les mers du sud, et une nouvelle petite voile de gros temps. Ensuite, tout le matériel qui permet de réparer en mer a été augmenté. On a de quoi faire plus de composite, de quoi plus réparer les voiles ».

L'autonomie énergétique constitue également un enjeu majeur. Ont été rajoutés deux hydrogénérateurs pour sécuriser la fourniture d’énergie, et une attention particulière a été portée à la production d'eau douce, les étapes étant plus longues. « On essaie de ne pas s'alourdir en emportant trop d'eau, mais en même temps d'avoir un bon degré de fiabilité pour produire de l'eau douce », résume le skipper.

Une aventure humaine à trois voix

L'originalité de cette Globe 40 réside dans sa formule en double avec la possibilité de changer un coéquipier à chaque escale. Ian Lipinski s'est entouré d'Antoine Carpentier, 50 ans, navigateur morbihannais au palmarès imposant (cinq victoires sur la Rolex Fastnet Race, trois sur la Transat Jacques Vabre) avec qui il fait équipe depuis 2023, et d'Amélie Grassi, 31 ans, qui a notamment participé à The Ocean Race et sur The Ocean Race Europe sur l’Imoca de Paul Meilhat, brillant depuis le départ de ce tour de l’Europe.

« Dans ce contexte, explique Ian Lipinski, nous avons cherché à créer un système équilibré en ménageant pour moi une phase de récupération. Je ne voulais pas tout faire, parce que cela aurait fait beaucoup, sur huit mois. Il est important que chacun de nous garde de l'énergie et de l'envie. Antoine avait très envie de passer le cap Horn. Même pour moi, c'était un peu compliqué de ne pas vivre ce moment-là ! »

Pour Amélie Grassi, l'enthousiasme est total : « Avec Ian, nos chemins se sont souvent croisés, en Mini en 2018, en Class40 dès 2020, et on s'apprécie. Assez régulièrement, quand il me racontait ses projets à venir, je lui glissais 'N'oublie pas que ça peut m'intéresser !', jusqu'au jour où ça s'est réellement présenté. »

Antoine Carpentier partage cette excitation : « Je vais faire ‘quelques milles’ avec des gens sympa sur un bateau qui va vite ! L'exercice sera différent de ce que nous avons l'habitude de pratiquer : nous serons dans un mode course au large, plus que dans un mode régate. Il y a une partie du parcours que je connais très bien, jusqu'au Cap Vert, puis ce sera le saut dans l'inconnu lors de l'étape entre Sydney et Valparaiso. J'ai hâte de naviguer dans le Pacifique, de sentir sa longue houle. Et je vais aussi cocher une deuxième case : passer le cap Horn ! »

Si Ian Lipinski s'avoue « ravi de vivre quelque chose de différent, qui tient autant de l'aventure que de la compétition », cette Globe 40 La Grande Route représente bien plus qu'un simple changement d'horizon. C'est l'occasion pour le skipper Crédit Mutuel de s'aventurer dans l'inconnu, de découvrir de nouveaux océans et de vivre cette sensation de plénitude que seuls les grands espaces marins peuvent offrir. Un tour du monde à la force du vent. Une inestimable tranche de vie pour les marins.