Agriculteurs

Agriculteurs : digitaliser pour faciliter son quotidien.

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Agriculteurs : digitaliser pour faciliter son quotidien.

Digitaliser l'agriculture, une idée saugrenue ? Loin de là : au-delà de l'utilisation d'objets connectés, de drones ou autres outils, digitaliser l'agriculture permet surtout de travailler autrement, se faire connaître et vendre sa production plus efficacement.

Digitalisation agriculture

La digitalisation, de manière globale, permet d'intégrer les nouvelles technologies, les usages Web et les outils numériques dans ses pratiques et processus.
En facilitant et fluidifiant les échanges, la productivité est améliorée. Internet se substitue à un réseau physique, favorisant le travail collaboratif. Digitaliser permet enfin à chacun de prendre la parole. Pour le secteur agricole, la digitalisation contribue alors à faciliter certains aspects du travail, à se faire connaître, vendre ses produits directement au consommateur final...

Preuve de l'appétence du secteur pour les technologies digitales, d'après une étude de 2015 menée par l'institut BVA en collaboration avec Ticagri(1), plus de 80% des agriculteurs utilisent Internet au moins une fois par jour dans le cadre de leur activité. Météo professionnelle agricole, actualités du secteur, petites annonces... Les raisons sont multiples.
Ainsi, Internet représentait 50% des sources d'information des "agrinautes" en 2014, et 5% pour les forums et les réseaux sociaux.

Se faire connaître autrement

On s'en rend compte aux contacts des Français, leur intérêt pour le secteur agricole ne s'est jamais essoufflé.
Afin de continuer à tisser ce lien, le moyen le plus simple consiste à se doter d'un site dit "vitrine"(différent d'un site de vente en ligne), présentant uniquement les différentes activités de l'agriculteur ou du producteur.
Et si le temps et les ressources le permettent, alimenter ce site par des articles réguliers est un bon moyen de faire découvrir son métier, sa passion, ses produits.
Plusieurs outils en ligne, gratuits ou à faibles coûts, permettent la création d'un site Web facilement, à différents niveaux de maîtrise technique : Wix, Jimdo ou encore Wordpress par exemple.

Pour aller plus loin, en s'appuyant sur les réseaux sociaux, il est alors possible d'interagir directement et instantanément avec les consommateurs, mais également avec des collègues ou toutes personnes intéressées par le secteur, en montrant son travail et en partageant son quotidien. Il n'y a pas de nécessité à multiplier les comptes, bien choisir ceux qui correspondent le plus à l'activité suffit : par exemple Facebook ou Instagram pour publier des photos de votre exploitation, de vos champs, de vos animaux.

Plusieurs outils permettent de gagner du temps et de faciliter l'animation de ses réseaux, après un temps nécessaire de prise en main :

  • programmer la publication des posts (Hootsuite, Buffer...), utile pour étaler la publication dans le temps si vous avez soudainement beaucoup à dire,
  • faire sa veille sur votre secteur et donc rebondir sur des sujets d'actualités, voir ce que font les autres et pouvoir le partager sur vos réseaux (Google Alertes, Scoop.it, Feedly, Flipboard...),
  • créer des contenus engageants, comme des infographies (Infogr.am, easel.y...) pour diffuser des données (nombre d'hectares de l'exploitation, nombre de bêtes.), ou de jolies affiches directement au format du support de diffusion (Canva), pour promouvoir des événements, des produits spéciaux, des actualités.
  • proposer des sondages ou poser des questions aux personnes qui vous suivent sur Twitter (outil natif), pour savoir quels types de produits transformés elles aimeraient trouver chez vous par exemple.

Communiquer sur le web : des risques et des avantages

  • Les - : manque de temps et ressources, nécessité d'une stratégie (pourquoi aller sur les réseaux sociaux, pour dire quoi), ne pas démultiplier sa présence sur tous les réseaux existants et ne cibler que ceux qui promeuvent réellement l'activité afin de pouvoir les entretenir régulièrement.
  • Les + : visibilité à moindres frais, multiplications des points de contact avec les consommateurs, possibilité de montrer son quotidien, de gagner la confiance, d'humaniser la relation...

Faire sa promotion sur Internet

Au-delà de cette utilisation visant à gagner en notoriété, le Web se révèle également être un outil extrêmement pratique pour faire de la publicité. Qu'elle soit petite ou plus grande, la taille d'une entreprise n'est pas un critère réellement limitant pour faire de la publicité sur Internet. Le coût est moindre par rapport à des flyers ou un affichage et les possibilités de ciblage sont bien plus précises.

Via Facebook par exemple, il est possible de cibler une zone géographique précise, un âge, des centres d'intérêt. afin que votre publicité ne soit diffusée qu'aux personnes qui pourraient être intéressées.
Par exemple, si vous êtes apiculteur, vous pouvez cibler toutes les personnes de plus de 18 ans habitant à 40 km autour de votre exploitation et aimant des pages ayant pour thématiques la consommation locale, le miel...

Vendre autrement, avec les circuits courts

Vous proposez des produits en vente à la ferme ?
Pourquoi ne pas les vendre en ligne, que les clients viennent ensuite chercher sur place ? Vendre ses produits via Internet en complément de la vente physique n'est pas si complexe.
Des outils existent permettant de créer son site. Parmi les outils dédiés au e-commerce, notons Jimdo, qui ne nécessite pas de compétences techniques particulières, Prestashop, un peu plus complexe mais conseillé si vous avez énormément de produits. Paypal ou les banques proposent des services de paiement sécurisé en ligne comme c'est le cas au Crédit Mutuel Nord Europe avec Monético P@iement.

Enfin, des drive fermiers se développent également, où les agriculteurs déposent leurs marchandises tandis que les clients commandent en ligne et viennent chercher leurs commandes au Drive.

Dans cette même logique, le fort développement des AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne), Ruche qui dit Oui et autres systèmes de ventes de produits en circuits courts suit le souhait des consommateurs pour plus de transparence sur ce qu'ils mangent. Et le succès est au rendez-vous : "80% des consommateurs disent acheter désormais des produits locaux et, parmi eux, près de 4 personnes sur 10 déclarent le faire même souvent", indique une étude Ipsos pour Bienvenue à la ferme(2). Via le principe de l'AMAP par exemple, l'agriculteur est assuré par contrat de vendre un certain nombre de produits pendant une durée définie.

Avec Monético Paiement, vous offrez la possibilité à vos clients de payer sur Internet par carte bancaire les cotisations, prestations ou services ... que vous leur proposez.

Travailler autrement, avec l'économie collaborative

Mais la digitalisation de l'agriculture ne touche pas que les échanges avec les consommateurs. Alors que les coopératives d'activités existent depuis longtemps dans le milieu agricole, elles ne sont désormais plus la seule façon de mutualiser le matériel, les moyens de production ou encore de transformation des produits d'un agriculteur.
L'économie collaborative est passée par là et représente un vrai atout. Avec elle, on ne possède plus, on partage. Ainsi, des plateformes telles que Cofarming(3) ou VotreMachine(4) proposent la location d'équipements agricoles. Au vu du coût d'achat de certaines machines, le bénéfice se fait de part et d'autre : le loueur rentabilise son investissement, et le locataire peut bénéficier d'une machine qu'il n'a pas d'intérêt à acheter.

Un autre type d'entraide, humaine cette fois-ci, s'adresse aux agriculteurs bio. En échange du gîte et du couvert, il peut accueillir des Woofers, des bénévoles prêts à découvrir le monde agricole, qui donnent un "coup de main" en échange.

Se développer en mobilisant ses soutiens

L'entraide peut aussi avoir une dimension plus financière avec le crowdfunding(5).
Appelé également financement participatif, cette méthode permet de faire financer ses projets grâce à l'aide du grand public, via une plateforme et en proposant des contreparties pour les montants donnés.
Plusieurs plateformes existent, comme Miimosa, spécifique au monde agricole ou KissKissBankBank, s'adressant à une multitude de secteurs. Achat de nouveaux matériels ou de chevaux de trait, travaux d'aménagement d'une bergerie, aide au lancement. les projets sont aussi nombreux que le secteur est vaste. La plateforme prélève généralement, en contrepartie, un certain pourcentage du montant donné. Quant aux contreparties destinées aux donneurs, elles sont à la libre appréciation de l'exploitant : produits de la ferme, visite découverte, séjours...

En s'immisçant dans divers aspects de la vie d'une exploitation agricole, la digitalisation permet d'en simplifier certains aspects. Au service de l'exploitant, la digitalisation reste cependant un outil. Savoir ce que l'on veut dire, faire, comment, pourquoi restent des prérequis afin que la formidable opportunité du digital soit profitable, sans complexification.

(1) http://fr.slideshare.net/GENTILLEAU/agr.
(2) http://www.ipsos.fr/sites/default/files.
(3) http://www.sudouest.fr/2015/12/09/quand.
(4) https://www.youtube.com/watch?v=3lJIh5H.
(5) http://agriculture.gouv.fr/crowdfunding.