Divorce ou séparation : que devient le crédit maison ?
- Crédits
Une séparation ou un divorce entraîne souvent des changements sur le volet financier, notamment lorsqu’un crédit est en cours. Que faire ?
Lors d'une séparation ou d'un divorce, la désolidarisation permet de rompre l'engagement commun lié à un crédit. Que ce soit par la vente du bien ou le rachat de parts (soulte), cette procédure implique une étude de solvabilité par la banque et une mise à jour de l'assurance emprunteur.
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Dans les faits, dès lors que vous contractez un prêt immobilier avec votre conjoint (co-emprunteur), vous êtes liés par le principe de solidarité. Ainsi, si l’un d’entre vous ne peut plus payer les mensualités du prêt, c’est à l’autre de payer l’intégralité de la dette. Ce principe de solidarité s’applique notamment en cas de :
Mais, pas de panique : cela ne veut pas dire que vous êtes liés à vie lorsque vous contractez un prêt immobilier ! En tout cas, vous ne l’êtes pas en cas de désolidarisation de ce prêt immobilier. Par cette démarche auprès de la banque, vous vous désengagez de votre ex-conjoint concernant votre crédit immobilier.
C’est la manière la plus simple, et peut-être même la plus rapide, de se désolidariser de son ex-conjoint : vendre votre bien. En bref, l’argent de la vente servira à rembourser le crédit immobilier qui vous lie de manière anticipée et vous serez ainsi libre, chacun de votre côté !
Seconde manière de se désolidariser d’un crédit immobilier : le rachat de part. Vous l’aurez compris, dans ce cadre, vous ou votre ex-conjoint décidez de racheter la part du bien appartenant à l’autre et de continuer à supporter le crédit immobilier seul.
Dans ce cas, il est fort probable qu’un rachat de soulte soit nécessaire. Mais qu’est-ce que c’est la « soulte » ? Simple et courte définition : la soulte est une compensation financière versée à l’ex-conjoint pour le rachat de ses parts afin de devenir l’unique propriétaire du bien.
Sachez tout d’abord que la désolidarisation d’un crédit immobilier n’a de compliqué que le nom ! En effet, la démarche est en réalité très simple puisqu’il s’agit d’un simple courrier à adresser à sa banque, ou son organisme de crédit, précisant qui des ex-conjoints reprend le prêt et qui se décharge du prêt en question. Notez toutefois que la banque va ensuite étudier la demande et vérifier la capacité de remboursement de la personne restant à charge du crédit.
Le modèle de lettre de désolidarisation
Retenez bien qu’il est important d’adresser la lettre de désolidarisation à votre banque, par le biais d’un courrier recommandé avec accusé de réception. Mais, que faut-il mettre dans cette lettre ? Sept points à ne pas oublier :
Et parce qu’avec un exemple, c’est toujours plus simple, voici une lettre type que vous pouvez copier et personnaliser :
(Coordonnées des co-emprunteurs)
(Coordonnées de votre banque)
(Adresse de votre banque)
(lieu), le (date)
Objet : désolidarisation du prêt immobilier (référence du crédit)
Madame, Monsieur,
Nous référons au prêt immobilier visé en objet que nous avons contracté solidairement auprès de votre établissement et concernant le bien immobilier situé à (adresse du bien).
Dans le cadre de la procédure de (divorce / séparation / rupture de pacs) que nous avons engagée, il a été convenu que ce bien serait conservé par (civilité et nom de l’emprunteur restant).
Nous vous demandons de bien vouloir décharger (civilité et nom de l’emprunteur déchargé) de toutes ses obligations à votre égard au titre de ce concours et de conserver (civilité et nom de l’emprunteur restant) comme votre seul débiteur pour la totalité des sommes dues.
Il est bien entendu que l’ensemble des garanties constituées initialement pour le remboursement de ce concours seront maintenues.
Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.
Nom(s) Prénom(s)
Signature(s)
Pour réussir votre désolidarisation après un divorce, il est essentiel d'avertir la banque dès que possible. Vous devrez lui fournir le jugement de divorce définitif pour acter la séparation officielle. Suite à cela, l'établissement bancaire procédera à une analyse rigoureuse pour évaluer la capacité de remboursement du co-emprunteur restant. Cette étape est cruciale, car la banque doit s'assurer que les revenus de l'emprunteur seul permettent de couvrir les échéances futures sans risque de défaut.
Vous l’aurez compris, la désolidarisation de prêt immobilier entraîne la réévaluation du crédit et de la capacité de remboursement de l’emprunteur restant. Ainsi, en plus d’avoir besoin d’un délai pour l'examen de la demande, l’organisme de crédit peut également réclamer des frais de dossier, s’il considère ce transfert comme un nouvel emprunt.
En corrélation avec la nouvelle procédure de crédit, l’assurance emprunteur est également revue puisqu’elle devient caduque en cas de désolidarisation. Deux choses :
Enfin, la procédure de désolidarisation doit être actée par un notaire. Vous vous en doutez donc, ça n’est pas gratuit : comptez environ 7,5% de la valeur de la part rachetée, en frais de notaire.
À noter que les frais de dossiers et frais de notaire seront à la charge de l’emprunteur restant.
Des questions ?
Oui, il est tout à fait possible que la banque refuse la demande de désolidarisation d’un prêt immobilier. En effet, si l’emprunteur restant ne présente pas une capacité de remboursement suffisante alors la banque peut juger le risque trop grand et refuser la demande de désolidarisation. Dans ce cas, les co-emprunteurs restent solidaires et doivent tous les deux continuer à supporter le remboursement du crédit immobilier.
Oui, des recours existent en cas de refus de désolidarisation d’un prêt immobilier. En voici deux :
Le MAGAZiNE