Economie et Marchés Financiers

Point de situation au 24 mars 2020

Après une très forte baisse depuis fin février, les marchés d'actions commencent à trouver un premier point de stabilisation depuis plusieurs jours, et la Banque Centrale Européenne (BCE) semble parvenir à réduire les risques financiers liés aux pays les plus endettés.

Analyse de nos experts sur le contexte économique et financier

Après une très forte baisse depuis fin février, les marchés d'actions commencent à trouver un premier point de stabilisation depuis plusieurs jours, et la Banque Centrale Européenne (BCE) semble parvenir à réduire les risques financiers liés aux pays les plus endettés.

Ceci reflète le fait que les gouvernements et les Banques Centrales ont de nouveau multiplié depuis le début de la semaine dernière les annonces dans le but d'apporter un soutien financier extrêmement important aussi bien aux ménages qu'aux entreprises, et leur permettre d'attendre la fin de la crise sanitaire. Aux États-Unis, la FED a complété lundi 23 mars, son arsenal de mesures de soutien en faisant de nouvelles annonces fortes, dans l'optique de s'assurer que le robinet du crédit restera ouvert.

Plus important encore, de premiers signaux plus positifs concernant l'aspect sanitaire de la diffusion du virus pourraient commencer à poindre en Italie, alors que la situation semble mieux contrôlée depuis plusieurs jours maintenant dans les pays asiatiques, et en particulier en Chine.

Deux étapes importantes restent cependant à valider avant que la confiance ne revienne véritablement sur les marchés financiers : le fait que les mesures de confinement portent bien leurs fruits, et que les pays qui restent en retard pour prendre les mesures, s'y résolvent, en particulier les États-Unis, et les pays émergents.

À ce moment-là, il sera possible d'envisager avec davantage de confiance, que l'économie puisse rebondir, avec à la clé davantage de stabilité sur les marchés financiers.

3 questions pour décrypter la situation

Quel est le rapport entre le Covid-19 et la chute des marchés financiers ?

De la Chine aux États-Unis, en passant par l'Europe, le monde entier est touché par la pandémie.

D'un problème de santé publique, cela s'est transformé en crise économique du fait de l'arrêt brutal et général des entreprises, et du fort ralentissement de la consommation, conséquence du confinement étendu.

De ce fait, on observe un choc d'offre et un choc de demande.

Les perspectives de croissance mondiale sont fortement revues à la baisse.

L'arrêt de l'économie aura des conséquences sur l'activité des entreprises, sur leur chiffre d'affaires, et par conséquent sur leurs bénéfices. Les marchés anticipent une baisse significative des bénéfices par action et la chute des cours en est le reflet.

Il faudrait attendre le pic de la pandémie pour que les marchés puissent avoir une meilleure visibilité sur l'avenir et sur la reprise des activités économiques.

Quel est l'impact des conséquences de l'épidémie sur l'Italie et en particulier sur son endettement ?

La récession en Italie est quasi-inévitable et les mesures budgétaires auront des conséquences sur la dette italienne, représentant déjà 135% de son PIB.

Le soutien indéfectible de la BCE dans ce contexte, grâce au Quantitative Easing1, et les mesures de financement direct aux banques commerciales, et aux entreprises à des conditions extrêmement avantageuses, seront une parade efficace aux difficultés de financement de l'Italie.

Pourquoi les Banques Centrales baissent-elles leurs taux ?

Le niveau des taux d'intérêt est un outil de pilotage de la politique monétaire d'une Banque Centrale. En période de croissance économique, la Banque Centrale agit à la hausse sur ses taux directeurs pour prévenir une surchauffe de l'économie et une poussée d'inflation.

En revanche, en période de récession ou d'anticipation d'un fort ralentissement de l'économie, la Banque Centrale baisse ses taux directeurs, favorisant ainsi l'accès au crédit en allégeant les charges financières des emprunteurs. Ceci permet de redynamiser l'économie et de favoriser le retour de la croissance. C'est cette situation que nous connaissons actuellement.

1 Quantitative Easing : Rachat des dettes d'État par la Banque Centrale.