Peut-on suspendre les mensualités d’un crédit immobilier ?

Perte d’emploi inattendue, accident de la vie ou tout simplement difficultés financières temporaires... Soudain, votre crédit immobilier pèse comme une enclume et une question vous vient : « puis-je suspendre mes mensualités sans aggraver ma situation ? ». La réponse est oui, mais sous conditions strictes et, surtout, pas sans conséquences. Quand le demander, comment faire et quel sera l’impact réel sur votre prêt : tout ce qu’il faut savoir avant de sauter le pas.

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L'essentiel

  • Suspendre les mensualités de son prêt immobilier c’est possible mais, attention, cela allonge la durée de votre prêt et augmente son coût total ;
  • Pour entamer la démarche il faut, tout d’abord, contacter votre banque et lui adresser une lettre recommandée avec accusé de réception en y intégrant tous les justificatifs nécessaires ;
  • Notez que la banque peut refuser votre demande ;
  • Mais des alternatives existent comme la modulation des échéances, la renégociation de votre crédit ou encore l’activation de votre assurance emprunteur.

Report de mensualité de crédit immobilier : quelles conséquences sur le coût total du prêt ?

Report, suspension ou pause du crédit... Peu importe le terme, le principe reste le même : vous ne payez plus vos mensualités pendant quelques mois. Mais, comment ça fonctionne ?

Quand vous suspendez vos remboursements, les intérêts continuent de courir. Ils s’ajoutent même au capital restant dû ! Résultat ?

  • Votre dette globale augmente ;
  • la durée du prêt s’allonge ;
  • le coût total du crédit augmente.

Dans quelles situations peut-on demander un report de crédit immobilier ?

Sachez que les banques n’accordent pas les suspensions de prêt immobilier sur coup de tête. Voici les cas où vous avez une chance (sérieuse) d’obtenir gain de cause :

  1. Vous avez des difficultés financières temporaires :
    • perte d’emploi (sous réserve de justificatifs comme une attestation France Travail) ;
    • baisse de revenus (divorce, maladie, accident) ;
    • dépenses imprévues (travaux urgents, frais médicaux, etc.).
  2. Vous souhaitez vendre votre bien immobilier :
    • la vente doit être en cours, c’est-à-dire que le compromis doit être signé ;
    • Notez que, dans ce cas, la banque peut exiger une date limite. Par exemple : suspension autorisée mais uniquement jusqu’à la signature chez le notaire.
  3. Vous faites face à d’autres cas (plus rares) :
    • Décès de votre co-emprunteur, le temps de régler la succession ;
    • Catastrophes naturelles, si votre logement est inhabilité.

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Peut-on suspendre un crédit immobilier pour vendre son bien ?

Cela peut être surprenant mais, oui, on peut suspendre un crédit immobilier pour vendre son bien ! Cependant, c’est un équilibre délicat. Le but ? Vous éviter de payer deux crédits en même temps (l’ancien et le nouveau). En effet, en toute logique, la banque préfèrera un report temporaire plutôt qu’un défaut de paiement. Attention, toutefois, cela implique :

  • une durée de report limitée, de trois à six mois tout au plus ;
  • l’apport de preuves, comme un compromis de vente signé par exemple ;
  • des frais supplémentaires possibles, type frais de dossier notamment.

Dans le cas d’une suspension de vos mensualités pour vendre votre bien, suivez ces conseils :

  1. Anticipez en demandant la suspension dès que le compromis est signé ;
  2. Négociez un report partiel, afin de ne payer que les intérêts ;
  3. Vérifiez les frais applicables pour cette suspension.

Suspension de crédit immobilier : comment faire la demande à sa banque ?

  1. Préparez votre dossier, avec :
    • une lettre dans laquelle vous expliquez votre situation et demandez le report total ou partiel de vos mensualités ;
    • les justificatifs appuyant votre demande, en fonction de votre situation (attestation France Travail et dernier bulletin de salaire, dans le cadre d’une perte d’emploi, compromis de vente signé, dans le cadre d’une vente, ou encore certificat médical ou déclaration d’assurance, dans le cadre d’un accident par exemple) ;
    • un tableau de vos finances, afin de prouver à la banque que cette situation est temporaire.
  2. Contactez votre banque par écrit : en lettre recommandée avec accusé de réception,
  3. Négociez les termes : report partiel ou total (en fonction de votre situation), frais applicables, etc.

Quelles solutions alternatives en cas de refus ?

Votre banque dit non ? Ne paniquez pas. Voici 4 pistes à envisager pour éviter le défaut de paiement :

  1. La modulation des échéances :
    • Pour quoi ? Pour baisser temporairement vos mensualités sans pour autant les suspendre ;
    • Pour qui ? Si vos revenus ont baissé mais pas disparu (exemple : passage à temps partiel) ;
    • À quel prix ? Moins cher qu’un report (pas de capitalisation des intérêts).
  2. La renégociation de votre prêt :
    • Pour quoi ? Baisser votre taux ou allonger la durée pour réduire les mensualités ;
    • Pour qui ? Si les taux ont baissé depuis votre souscription ;
    • À quel prix ? Le coût de cette démarche dépend de l’organisme auprès duquel vous passez et du nouveau taux en vigueur .
  3. Le rachat de crédit :
    • Pour quoi ? Faire racheter votre crédit auprès d'un autre organisme de prêt et bénéficier de conditions permettant de réduire vos mensualités ;
    • Pour qui ? Si les conditions du rachat sont avantageuses en comparaison de vos conditions de prêt actuelles ;
    • À quel prix ? Le coût de cette démarche dépend de l’organisme auprès duquel vous passez et du nouveau taux en vigueur.
  4. L’activation de votre assurance emprunteur :
    • Pour quoi ? L’assurance peut prendre, dans certains cas, le relai du paiement de vos mensualités ;
    • Pour qui ? Tout dépend du contrat assurance emprunteur que vous avez souscrit mais on peut citer, par exemple, le licenciement non volontaire ou l’invalidité temporaire ;
    • À quel prix ? Normalement, l’assurance emprunteur ne vous coûtera pas plus chère puisqu’elle est comprise dans le contrat que vous avez signé à la souscription de votre prêt immobilier.

Notez toutefois que l'accès à ces alternatives ne vous est pas non plus garanti. Ces situations méritent un temps de réflexion et une discussion avec un conseiller en amont car, vous l'avez compris, cela n'est pas sans frais !

Vous traversez une période difficile ? Ne restez pas seul avec vos questions et n’attendez pas que les dettes s’accumulent pour trouver la solution adaptée à votre situation.

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